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Communiqués

 

Le 29 septembre 2011(Montréal)

Campagne de cartes postales par l'ASRSQ

Projet de loi omnibus C-10

Loi sur la sécurité des rues et des communautés

Le gouvernement du Canada a déposé à la Chambre des communes, le 20 septembre 2011, son projet de loi omnibus, qui comprend 9 projets de loi présentés lors de la dernière session du Parlement. Ce projet de loi s’intitule Loi sur la sécurité des rues et des communautés. L’Association des services de réhabilitation sociale du Québec, comme plusieurs autres groupes, dont la Société John Howard du Canada et l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry, s’oppose vivement à l’adoption d’un tel projet de loi et encourage ses membres, leurs administrateurs, dirigeants, employés et bénévoles, à se joindre à elle pour faire connaître à nos dirigeants politiques notre opposition. Le projet de loi C-10 est à l’étape de l’étude en Comité parlementaire avant de passer en troisième et dernière lecture à la Chambre des communes. Il est donc URGENT d’agir pour faire connaître notre point de vue. Pour vous faciliter la tâche, nous avons préparé un modèle de cartes postales que vous pourrez utiliser, si vous le désirez, et vous remarquerez que tout envoi postal à un député n’exige pas de timbre, lorsqu’adressé à son bureau de la Chambre des communes.

Si vous préférez, nous pouvons vous en poster un certain nombre, sinon vous pouvez reproduire vous-même la « carte postale » sur du papier ordinaire à photocopie.

Voici, en résumé et de façon non exhaustive, ce que contient le projet de loi C-10 (vous pouvez le consulter sur Internet en cliquant ici)

1. Amendements au Code criminel pour mieux protéger les enfants et les adolescents contre les prédateurs sexuels :

  • nouvelles peines minimales obligatoires et élimination de peines avec sursis dans certains casalourdissement de peines minimales obligatoires pour 9 infractions
  • accroissement des peines maximales d’emprisonnement pour 4 infractions

2. Alourdissement des peines sanctionnant les infractions graves liées aux drogues

  • peines minimales obligatoires dans certains cas
  • accroissement de la peine maximale en cas de production de certaines drogues (dont la marijuana) de 7 à 14 ans

3. Amendement à la Loi sur le système de justice pour adolescents

  • faire valoir la protection de la société comme principe fondamental de la loirenforcer les peines imposées et réduire les entraves à la mise en détention des jeunes contrevenants violents et récidivistesexiger du ministère public qu’il envisage des peines applicables aux adultes dans certains cas
  • exiger des tribunaux qu’ils envisagent de lever l’interdit de publication des noms des jeunes contrevenants dans certains cas

 

4. Abolition des peines avec sursis en cas de certains crimes

 

  • exclut du sursis toutes les infractions dont la peine maximale prévue est 14 ans ou l’emprisonnement à perpétuitéexclut les infractions punissables par voie de mise en accusation dont la peine maximale prévue est de 10 ans où il y a lésions corporelles, importation/exportation, trafic ou production de drogues ou usage d’armes
  • exclut les infractions suivantes punissables par voie de mise en accusation dont la peine maximale est de 10 ans : évasion ou tentative d’évasion de prison, vol de véhicule automobile, harcèlement criminel, agression sexuelle, enlèvement et séquestration, traite de personne pour un avantage matériel, enlèvement d’une personne de moins de 14 ans, vol de plus de 5 000 $, introduction par effraction dans un dessein criminel, présence illégale dans une maison d’habitation et incendie criminel avec intention frauduleuse.

5. Amendements à la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition

  • consacrer la participation des victimes aux audiences de la CLCC et tenir ces mêmes victimes au fait du comportement et du traitement des délinquants (par ex. : des infractions disciplinaires, les transfèrements et le nom de l’établissement, etc.)
  • « faire répondre davantage les délinquants de leurs actes en modernisant les sanctions disciplinaires et en ajoutant l’obligation devant la loi de dresser pour chaque délinquant un plan correctionnel énonçant des attentes en matière de comportement, des objectifs de participation à des programmes et des obligations à respecter en matière de dédommagement des victimes ou d’aide alimentaire aux enfants »


6. Abolition de la notion de pardon et modifications majeures aux règles d’admissibilité

 

  • remplace le terme « pardon » ou « réhabilitation » dans la version en français par la notion de « suspension du casier judiciaire »prolonge de  3  à  5 ans le délai d’admissibilité pour les infractions punissables par déclaration sommaire de culpabilité et de  5  à  10  ans pour les infractions punissables par voie de mise en accusation
  • refuse l’admissibilité à la suspension du casier judiciaire pour certaines personnes : celles reconnues coupables d’une infraction d’ordre sexuel à l’égard d’un enfant, de plus de 3 infractions dont chacune a fait l’objet d’un acte d’accusation, ou d’une infraction d’ordre militaire dont la peine maximale est l’emprisonnement à perpétuité, et pour lesquelles ces personnes ont été condamnées à une peine d’emprisonnement de 2 ans ou plus.

 

7. Amendements à la Loi internationale sur le transfèrement des délinquants

  • pouvoirs accrus donnés au ministre de la Sécurité publique de refuser des transfèrements de détenus au Canada en provenance d’autres pays et selon des critères précis

8. Adoption d’une Loi sur la justice pour les victimes d’actes de terrorisme

 

  • permettre aux victimes de demander réparation des pertes ou dommages causés par les actes de terrorisme

9. Amendements à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés

  

IMPACTS PRÉVISIBLES DE CE PROJET DE LOI  

  • Augmentation importante de la population carcérale dans les prisons provinciales et territorialesAugmentation substantielle de la population carcérale dans les pénitenciers fédérauxSurpopulation carcérale et augmentation de la tension dans les établissementsConditions de détention inhumaines dans certains casProgrammes de construction massive de prisonsExplosion des dépenses en matière de justice et des services correctionnels tant provinciaux que fédérauxEffritement, encore une fois, du pouvoir discrétionnaire de la magistrature dans l’établissement de sentencesSystème de justice criminelle de plus en plus axé sur un seul facteur, le délit, sans tenir compte des autres facteurs telles les circonstances, la personne commettant le délit, la nature du délit, etc.Contribution à une crise budgétaire où les gouvernements risquent d’être confrontés à des décisions difficiles comme payer pour les prisons et couper dans certains services essentiels
  • Création de conditions encore plus difficiles de réinsertion sociale et de réhabilitation en éliminant la notion de « réhabilitation » ou « pardon » et en rendant encore plus inaccessible la mesure de suspension du casier judiciaire. Donc stigmatisation accrue sur le plan de l’emploi, du logement, des assurances, des occasions de voyage, etc.

      

     

Conclusion

Le Projet de loi omnibus C-10 en matière de justice criminelle est à la fois inutile et créateur d’injustices. Il vise directement les citoyens canadiens les plus vulnérables de notre société. Il en résultera le recours extrêmement coûteux à l’emprisonnement additionnel de milliers de jeunes, de personnes souffrant de maladies mentales et de personnes vivant dans la pauvreté (pour la plupart provenant des Premières nations) pendant de plus longues périodes de temps. Et pour répondre à quel besoin ?  Le taux de criminalité avec violence est en chute constante depuis plusieurs années. Selon Statistique Canada, il est à son plus bas niveau depuis 1973. La construction de plus de prisons et l’embauche massive d’agents correctionnels contribueront certainement à mener des milliers de jeunes gens à devenir des criminels endurcis en les mettant en contact avec le milieu carcéral, reconnu depuis longtemps comme étant une « école du crime » à bien des égards. Le projet de loi propose des mesures qui ne reposent pas sur des données probantes en matière de justice criminelle et de services correctionnels et qui se sont avérées inefficaces et très coûteuses dans plusieurs pays qui les ont adoptées, dont les États-Unis.

Pour toutes ces raisons, nous vous encourageons à vous joindre à nous pour exprimer notre opposition à l’adoption du projet de loi C-10 en envoyant des cartes postales à votre député, au premier ministre et aux ministres de la Justice et de la Sécurité publique.

Pour télécharger notre modèle de cartes postales, cliquez ici et imprimez-les recto-verso de chez vous ! Nous vous rappelons que tout envoi à un bureau de député à la Chambre des communes ne nécessite pas de timbre. 

Le 29 septembre 2011

 

Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ)

 

Le 19 septembre 2011 (Ottawa)

Le projet de loi omnibus va-t-il mettre le Canada en faillite ?

Bon nombre de Canadiennes et de Canadiens sont très préoccupés par les coûts potentiels du projet de loi omnibus contre la criminalité proposé par le gouvernement. Alors que beaucoup de gens s’emploient aux États-Unis à remédier à la dévastation fiscale et sociale des approches dites américaines de la justice pénale et sociale prônant des sentences plus longues, notre gouvernement se prépare à introduire de nouvelles lois qui vont nous coûter des dizaines de milliards de dollars.

Avant que le gouvernement ne tombe après l’adoption d’une motion d’outrage au Parlement introduite après son refus de divulguer les données financières relatives au programme de lutte contre la criminalité, le Bureau parlementaire du budget prévoyait que les augmentations liées à un seul de ces projets de loi coûteraient plus de cinq milliards de dollars – plus du double des dépenses actuelles pour les seuls services correctionnels. Le Bureau parlementaire annonçait en outre que les provinces et territoires devraient défrayer la majeure partie de ces coûts.

La majorité des personnes incarcérées sont considérées comme non-violentes par la police et les autorités correctionnelles. En vue d’éviter à plus d’hommes, de femmes, et particulièrement d’enfants, d’être marginalisés, victimisés, criminalisés et incarcérés, la population canadienne nous dit, à nous et à la classe politique, qu’elle préférerait voir l’argent durement gagné des contribuables investi dans le logement social, les services de garde, les pensions, les soins de santé, les services en santé mentale, l’enseignement public, l’aide aux victimes et autres services sociaux. 

La plupart de ces services, tout comme nombre de services de police et correctionnels, sont sous la responsabilité des gouvernements provinciaux et territoriaux. À ce titre, nous ne croyons pas que l’on devrait permettre au gouvernement fédéral d’adopter le projet de loi omnibus proposé avant que les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral: 

1) comprennent très clairement le prix à payer pour chacune des réformes législatives ou politiques proposées;

2) puissent garantir au Parlement que les hausses de coûts prévues seront réalisées sans excéder 100% de la capacité actuelle des établissements correctionnels et sans augmenter notre déficit actuel.   

L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) et la Société John Howard du Canada (SJHC), seront sur place avec des commentaires additionnels lors d’une conférence de presse dans la salle Charles Lynch, Édifice du Centre, à 10 h 30 le mardi 20 septembre 2011.

Contacts:

Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry

Kim Pate – 613-298-2422

Société John Howard du Canada

Catherine Latimer – 613-384-6272

 

Le 29 juin 2009 (Ottawa)

Le Service correctionnel

aurait dû divulguer

les dossiers d’Ashley,

dit la Commissaire à

la protection de la vie privée

L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) se voit forcée d’intenter une poursuite contre le gouvernement pour obtenir les dossiers qu’Ashley Smith avait chargé l’ACSEF de consulter en son nom. Ashley est décédée à l’établissement de Grand Valley, un pénitencier fédéral pour femmes, le 19 octobre 2007.

« Malgré le fait que la Commissaire à la protection de la vie privée a reconnu le droit de l’ACSEF d’accéder aux dossiers d’Ashley Smith, le Service correctionnel du Canada persiste à nous refuser copie de ces documents », déclare Kim Pate, directrice générale de l’ACSEF. « Nous réclamons l’accès dossiers depuis deux ans déjà, bien avant le décès tragique d’Ashley.  Pour toutes les femmes qui continuent à subir le genre de traitement qu’elle a dû subir, nous devons continuer à dénoncer ces abus. »

« La Commissaire à la protection de la vie privée ne devrait pas nous laisser mener seules ce combat », ajoute Lucie Joncas, présidente de l’ACSEF. « La Commissaire a reconnu que la Loi sur la protection des renseignements personnels nous accorde le droit légal d’obtenir ces documents, même si Ashley n’est plus en vie. Nous sommes consternées par le refus de la Commissaire de donner suite à cette affaire. Le Commissariat à la protection de la vie privée dispose d’une politique stipulant qu’il doit poursuivre devant les tribunaux les organisations qui refusent de mettre en oeuvre ses recommandations. Nous avons épuisé tous les recours à notre portée. Une petite organisation bénévole comme la nôtre, qui ne dispose que de deux salariées et de ressources financières limitées, ne devrait pas être forcée de veiller au respect par le gouvernement de ses obligations juridiques. L’ACSEF a demandé l’aide du Commissariat à la protection de la vie privée dans ce dossier, et on nous a dit non.  Nous n’avons donc pas d’autre choix que de tenter de rectifier nous-mêmes cette parodie de justice. »

« Nous sommes extrêmement déçues de ne pouvoir accéder à des renseignements qu’Ashley Smith souhaitait que nous consultions en son nom. À notre frustration face au refus du Service correctionnel du Canada s’ajoute maintenant notre déception tout aussi vive quant à la réticence de la Commissaire à défendre le droit légitime à la vie privée des individus, surtout dans la mesure où elle a dénoncé au Parlement les failles des mécanismes d’exécution de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Voilà un dossier important où il se trouve qu’il existe un mécanisme d’exécution; la Commissaire aurait pu utiliser ses vastes ressources pour tenter de consolider les droits à la vie privée de l’ensemble des Canadiennes et Canadiens. À quoi bon exiger de meilleurs mécanismes d’exécution, conclut Kim Pate, si la Commissaire n’est pas disposée à utiliser ceux qui existent déjà? »

 

Contact:

L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) est une fédération de sociétés membres qui travaillent avec et au nom des femmes et des filles marginalisées, victimisées, criminalisées et incarcérées.

Lucie Joncas, présidente, ou Kim Pate, directrice générale

613-298-2422

 

 

Le 4 juin 2008 (Ottawa)

L'usage du tabac dans les pénitenciers fédéraux

L'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) et l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) se joignent aux femmes en prison et à d'autres groupes communautaires pour demander au ministre de la Sécurité publique de reconsidérer sa décision d'interdire l'usage du tabac dans les pénitenciers fédéraux.

En plus du fait que bon nombre de détenues «vivent» dans des pénitenciers fédéraux durant plusieurs années, environ un tiers de ces femmes sont Autochtones. L'interdiction des produits du tabac portera atteinte de manière significative à leurs pratiques spirituelles de purification par la fumée, puisque le tabac et tout instrument utilisé pour l'allumer sont désormais considérés comme des produits de contrebande dans les pénitenciers fédéraux. En plus de réglementer les pratiques spirituelles par le biais de cette interdiction, l'accès aux cérémonies sacrées est traité comme facultatif, comme un privilège ou un programme, plutôt qu'un droit constitutionnel et un droit de la personne. En outre, le Service correctionnel du Canada pousse le cynisme et l'hypocrisie jusqu'à permettre l'usage du tabac par le personnel.

«Au départ, nous avons été avisés que l'interdiction du tabac était mise en oeuvre pour des raisons de santé», indique maître Lucie Joncas, présidente de l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry. «Toutefois, à mesure que ce dossier progressait, ce qui avait d'abord été présenté comme une question de santé est aujourd'hui devenu un outil de plus dans l'arsenal du Service correctionnel du Canada pour priver les détenues de droits dont elles devraient normalement pouvoir se prévaloir. Il est évident pour tout le monde que cette mesure va affecter les femmes et les hommes autochtones de manière disproportionnée. Cela ressemble à une autre forme de traitement discriminatoire, du genre de ceux dont la population marginalisée et criminalisée n'est que trop familière».

«Nous avons appris récemment que le Service correctionnel du Canada envisage de créer des zones fumeurs pour le personnel, tout en interdisant simultanément à tous les détenus l'accès aux produits du tabac, sauf par des moyens extrêmement limités et sous l'autorité d'un employé du Service correctionnel du Canada. Si on imposait ce type de limites aux pratiques spirituelles de tout autre groupe, on assisterait à une levée de boucliers», ajoute Beverley Jacobs, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada. «Nous sommes toujours préoccupées par tout ce qui peut compromettre la santé et la sécurité des femmes incarcérées, mais permettre au personnel de fumer à l'extérieur tout en interdisant complètement aux détenues de fumer, c'est une chose. Restreindre gravement leur accès à des pratiques spirituelles, comme la purification par la fumée et d'autres cérémonies pour lesquelles on devrait leur fournir du tabac, revient essentiellement à promouvoir la perpétuation du génocide culturel et spirituel que vit notre peuple depuis beaucoup trop longtemps.»

Contact:

Beverley Jacobs, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada – 613-878-6922  

Maître Lucie Joncas, présidente de l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry – 613-298-2422

 

 

 

Le 5 mai 2008 (Ottawa)

Semaine nationale Elizabeth Fry :

du 5 mai au 11 mai 2008

Défier les stéréotypes et encourager l'action proactive L'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry célèbre chaque année la semaine nationale Elizabeth Fry. Les sociétés Elizabeth Fry, à l'échelle du pays, tiennent tout au long de la semaine des rencontres publiques au sein de leur communauté.

Notre objectif consiste à sensibiliser davantage le public sur la situation des femmes aux prises avec la justice. Nous espérons dénoncer et faire progressivement disparaître les stéréotypes négatifs à leur endroit.

La semaine nationale Elizabeth Fry se déroule toujours la semaine précédant la Fête des mères. La majorité des femmes ayant des démêlés avec la justice sont mères, et elles sont souvent seules pour subvenir aux besoins de leur famille. Mères condamnées à la prison, enfants condamnés à la séparation. C'est pour attirer l'attention sur cette réalité que nous terminons la semaine Elizabeth Fry le jour de la Fête des mères.

En mettant cette année l'accent sur les " Solutions de rechange à l'incarcération ", nos 25 sociétés membres espèrent encourager le public canadien à envisager des façons productives et responsables de traiter des questions de justice criminelle d'un bout à l'autre du pays.

Nous espérons que, particulièrement en cette époque de contraintes budgétaires, cette proactivité favorisera le développement de solutions de rechange communautaires à une coûteuse incarcération, en particulier lorsqu'il s'agit de contrevenants non violents.

Nous cherchons à ce que le public comprenne mieux la myriade de problèmes auxquels font face les femmes incarcérées, et à détruire progressivement les préjugés dans ce domaine. En outre, l'ACSEF sensibilise les médias sur toute une série de questions pertinentes sur une base continue.

L'ACSEF incite les Canadiens à élargir leur point de vue et à réintégrer les femmes au sein de leurs communautés afin qu'elles puissent s'épanouir pleinement.

 

 

Le 17 octobre 2007 (Ottawa)

Un organisme national de femmes dénonce le projet de loi omnibus

 

 L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF) est une fédération de 26 organismes communautaires qui oeuvre auprès de femmes et de filles marginalisées, victimisées, criminalisées et incarcérées. « Nous sommes extrêmement préoccupées par les orientations du gouvernement, soi-disant axées sur l’ordre public et notamment par ses projets régressifs de réforme juridique et le risque d’interférence avec l’accessibilité à la libération conditionnelle… » a annoncé Me Lucie Joncas, présidente de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry.

Kim Pate, directrice générale de l’ACSEF, explique que l’organisation « travaille sans relâche à tenter d’endiguer la montée rapide du nombre de femmes incarcérées au pays ». Elle s’inquiète de la tendance des projets de réforme envisagés, une tendance aggravée par les politiques socioéconomiques et de santé actuelles, qui ne peuvent qu’augmenter le nombre de femmes incarcérées, notamment les femmes autochtones ou autrement victimes de discrimination raciale ainsi que celles qui éprouvent des problèmes de santé mentale. « Les prisons ne peuvent refuser d’admettre les personnes qui leur sont référées par les cours de justice.  Pourtant, celles-ci sont de plus en plus utilisées par des gens qui nécessitent des traitements, du soutien ou d’autres formes de services sociaux et de santé … » déplore Madame Pate.

« Le comité de haut niveau que ministre Day a un chargé de se pencher sur les activités correctionnelles au pays et d’y proposer encore des réformes … » précise la Dre Ailsa Watkinson, membre du comité exécutif de l’ACSEF. « Si ce comité recommande une réduction des options de libération sous surveillance et la construction de super-pénitenciers fédéraux, cela ne pourra qu’aggraver les choses, en plus de multiplier les coûts humains et fiscaux de l’appareil de justice pénale. L’incarcération coûte cher – beaucoup plus cher, en fait, que d’autres méthodes de prévention du crime. Maintenir quelqu’un derrière les barreaux au Canada coûte entre 50 000 $ et 250 000 $ par année, selon la nature de l’établissement et les besoins de chaque personne détenue, alors qu’en investissant seulement la moitié des sept milliards que coûte déjà l’incarcération dans les services sociaux : aide sociale, logement, santé, éducation et autres, les sommes ainsi récupérées serviraient l’ensemble de la population et non seulement les personnes incarcérées. »

 

Contactez:                     

Me Lucie Joncas, présidente;

Dre Ailsa M. Watkinson; ou

Kim Pate, directrice générale, au 613-298-2422

 

 

 

Le 29 mai 2006 (Ottawa)

Une organisation nationale de femmes dénonce les coûts et l’inefficacité d’un programme rétrograde de maintien de l’ordre

Réunie en assemblée générale annuelle, l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF), s’est clairement engagée à contrer sans relâche la multiplication de peines minimum obligatoires, la réduction des condamnations avec sursis et toute éventuelle interférence avec les possibilités de mise en liberté sous condition. L’ACSEF est une fédération de 25 agences locales de services communautaires qui travaillent avec et au nom de femmes et de filles victimisées, criminalisées et incarcérées.

« Le gouvernement Harper refuse de reconnaître la foule de recherches internationales qui démentent toute efficacité à ce genre de réforme juridique. Les peines minimum obligatoires semblent séduisantes aux citoyens mal informés des complexités du monde criminel et aux politiciens qui souhaitent être perçus comme prêts à les protéger », déclare Madame Ailsa Watkinson, Ph.D., présidente de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « Le Canada compte déjà environ 45 peines minimum obligatoires; un plus grand nombre de ces peines fera que les personnes piégées dans le système carcéral risqueront d’y rester beaucoup plus longtemps. »

« La plupart des gens comprennent qu’un plus grand nombre de peines minimum obligatoires et la réduction des peines conditionnelles, parfois appelées assignations à résidence, entraîneront une hausse sensible du coût de l’appareil de justice pénale. L’emprisonnement est dispendieux – beaucoup plus coûteux, en fait, que bien d’autres moyens de prévention du crime. Il en coûte entre 50 000 $ à 250 000 $ par année pour incarcérer quelqu’un au Canada, selon la nature de l’établissement et les besoins de cette personne. Si seulement la moitié des sept milliards de dollars qui servent présentement à emprisonner les gens étaient investis dans l’aide sociale, le logement, la santé, l’éducation et d’autres services communautaires de base, ces ressources bénéficieraient à des collectivités entières, et pas seulement aux personnes criminalisées », ajoute Madame Gillian Balfour, Ph.D., membre du Comité d’action sociale de l’ACSEF.

« En nous basant sur l’expérience américaine, il y a toutes raisons de croire que l’imposition de peines additionnelles obligatoires liées aux armes à feu aura au Canada les mêmes conséquences, soit accroître l’injustice dans l’application de la loi, susciter des condamnations injustifiées et dévaster la communauté afro-canadienne par l’incarcération disproportionnée de jeunes hommes. Les peines minimum obligatoires et la réduction des occasions de mises en liberté sous condition auront vraisemblablement pour effet d’exacerber la sur-incarcération des Autochtones, et particulièrement des femmes autochtones », déclare Kim Pate, directrice générale de l’ACSEF. « Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies s’est déjà dit gravement préoccupé du traitement par le Canada des femmes incarcérées. Ces mesures ne feront qu’empirer la situation pour les femmes avec qui travaillent nos membres. »

 

Contacts :

Ailsa Watkinson, Ph.D., présidente

Gillian Balfour, Ph.D.,

ou Kim Pate, directrice générale au 613-298-2422

 

 

 

Le 28 juin 2005 (Montréal)

 

La Société Elizabeth Fry du Québec et Karla Homolka

chiffres / renseignements / réponses / info

Qu'est-ce que la Société Elizabeth Fry du Québec ?

Créée en 1977, la Société Elizabeth Fry du Québec vient en aide aux femmes qui, un jour, doivent faire face à la justice pénale et qui sont déterminées à s'en sortir. Son objectif est de favoriser la réinsertion sociale de ces femmes.

La Société intervient à divers moments du processus judiciaire : en cour, en milieu carcéral ou en maison de transition, la Société offre à ces femmes de multiples services d'aide.

Organisme à but non lucratif, la Société est dirigée par un conseil d'administration composé de neuf membres bénévoles bénéficiant d'expériences professionnelles variées.

Quels sont ces services ?

La Société Elizabeth Fry du Québec administre une maison de transition pour femmes, la Maison Thérèse-Casgrain. Par ailleurs, elle a mis sur pied un programme de counselling pour les femmes aux prises avec des problèmes de vol à l’étalage, un service de conseils juridiques, des programmes en prison : préparation à la sortie, atelier de sensibilisation au problème de toxicomanie, gestion de la colère et temps d’arrêt ainsi que des programmes d'encadrement des bénévoles en prison et en communauté. Elle agit aussi comme agence de surveillance communautaire. De plus, elle publie deux fois l’an le bulletin Femmes et Justice.

La Société Elizabeth Fry du Québec et Karla Homolka

Tel qu’indiqué dans son communiqué diffusé le 2 juin 2005, la Société Elizabeth Fry du Québec a offert ses services sur une base volontaire à Madame Homolka. Vu la forte médiatisation de cette cause, elle ne peut lui offrir l’hébergement dans sa maison de transition, mais lui offrira des services autrement pour l’aider. Toutes les ex-détenues qui sont motivées à entreprendre une réinsertion sociale positive ont droit aux services de la Société, et ce, en toute confidentialité.

La Société Elizabeth Fry du Québec n’a pas commenté le recours du ministère public à la clause 810.2 du Code criminel et l’imposition de conditions en vue de sa libération et ne fera aucun commentaire à cet effet. La Société respecte le processus judiciaire.

Qu'est-ce que la Maison Thérèse-Casgrain ?

La Maison Thérèse-Casgrain, est une maison de transition pour femmes, qui fête cette année ses 25 ans d’existence. Installée dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, elle dessert la région montréalaise ainsi que l'ensemble du territoire sud-ouest de la province.

Elle est financée en grande partie par le Service correctionnel du Canada et les Services correctionnels du Québec sur la base d'un « per diem » alloué pour les résidantes.

La Maison Thérèse-Casgrain peut accueillir jusqu'à 30 femmes pour des séjours d'une durée qui varie de quelques semaines à quelques années et offre un programme de cohabitation mère-enfant pour celles qui y sont admissibles.

Les résidantes sont référées par la Maison Tanguay, le pénitencier fédéral de Joliette et par les cours de justice. La majorité d'entre elles, soit 85 %, proviennent du milieu carcéral dans le cadre d'un programme d'absence temporaire ou de libération conditionnelle.

La Maison Thérèse-Casgrain a pour objectifs :

  • de favoriser la réinsertion sociale de la contrevenante;
  • de responsabiliser la contrevenante face à son comportement;
  • d'être une solution de rechange à l'incarcération;
  • de prévenir la récidive;
  • de favoriser chez la contrevenante des attitudes et des habiletés qui lui permettront de développer son potentiel.

Quels sont les services offerts ?

La Maison offre aux résidantes un encadrement continu grâce à une équipe de conseillères professionnelles présentes 24 heures par jour, sept jours par semaine.

Ces conseillères, des criminologues, des travailleuses sociales et des psychologues, offrent aux résidantes un suivi général de type psychosocial de même que des suivis individualisés qui tiennent compte des problèmes spécifiques de chacune : toxicomanie, violence conjugale ou familiale, relations interpersonnelles, santé, etc. Elles interviennent également sur le plan délictuel afin de prévenir la récidive et d'éviter un retour dans le système judiciaire.

À la Maison Thérèse-Casgrain, l'aide aux femmes s'étend à la recherche d'emploi, la formation professionnelle, le retour aux études et la recherche d'un logement.

Quelques chiffres :

  • depuis son ouverture, la Maison Thérèse-Casgrain a accueilli plus de 1 000 femmes;
  • 60 % des résidantes proviennent de la Maison Tanguay; les autres proviennent du pénitencier de Joliette et des cours de justice;
  • près de 70 % des femmes finissent avec succès le programme;
  • 75 % des femmes issues de ce groupe évitent la rechute une fois la libération conditionnelle obtenue;
  • 40 % des échecs sont liés au problème de la toxicomanie.

Qui sont ces femmes ?

  • Elles sont pour la plupart issues de milieux défavorisés;
  • plus de la moitié d'entre elles ont des problèmes de polytoxicomanie;
  • près de 90 % des femmes ont déjà été victimes de violence sexuelle ou physique : viol, inceste, mauvais traitements dans l'enfance ou violence conjugale;
  • 63 % des femmes ont moins de 30 ans; 55 % de ces femmes sont des mères; de ce groupe, 65 % sont des mères monoparentales;
  • sous-scolarisées, elles n'ont généralement pas terminé leur secondaire III et n'ont aucune formation professionnelle.

Le réseau des Sociétés Elizabeth Fry

Il y a 25 Sociétés Elizabeth Fry au Canada. La plus ancienne a été fondée à Vancouver il y a plus de 50 ans. Il n'y a qu'une seule Société Elizabeth Fry au Québec.

On en retrouve par ailleurs 10 en Ontario, cinq dans les provinces Maritimes, quatre dans les provinces de l'Ouest et cinq en Colombie-Britannique.

Qui était Elizabeth Fry ?

Elizabeth Fry est née en Angleterre en 1780 dans une famille Quaker riche et influente. Fidèle à la tradition Quaker, elle consacrait beaucoup de son temps aux pauvres et aux malades. En 1813, lors d'une visite à la prison des femmes de Newgate, elle constate que ces femmes, très démunies, avaient un urgent besoin de conseils et de soutien. La jeune bénévole fonda alors une école à leur intention et leur offrit du travail afin qu'elles disposent d'un peu d'argent au moment de leur libération.

Source :
Ruth Gagnon, Directrice générale,
Société Elizabeth Fry du Québec (514) 489-2116

 


 

Le 3 juin 2005 (Montréal)

La Société Elizabeth Fry du Québec offre ses services à Karla Homolka

La Société Elizabeth Fry du Québec, qui dirige la maison de transition Thérèse-Casgrain à Notre-Dame-de-Grâce, tient à confirmer qu’elle n’hébergera pas Karla Homolka lorsque celle-ci sera libérée à la fin de sa sentence au début du mois de juillet 2005.

En dépit des nombreuses déclarations à cet effet, il n’a jamais été question que Madame Homolka s’installe à la Maison Thérèse-Casgrain ou dans le quartier de Notre-Dame-de-Grâce, a indiqué aujourd’hui la directrice générale de la Société Elizabeth Fry du Québec, Ruth Gagnon.

« La Société Elizabeth Fry, dont la mission est d’aider et d’appuyer les femmes criminalisées et incarcérées, offre ses services à Madame Homolka sur une base volontaire. Dans le contexte actuel, et vu la très forte attention des médias, l’hébergement à la maison de transition à Notre-Dame-de-Grâce ne serait pas le meilleur moyen de l’aider. »

« Nous cherchons à offrir à nos clientes les meilleurs moyens pour réaliser leur réinsertion sociale avec succès. Nous offrirons nos services à Madame Homolka mais autrement. Toutes les ex-détenues qui sont motivées à entreprendre une réinsertion sociale positive ont droit à nos services en toute confidentialité. »

« Nous suivons avec intérêt les procédures judiciaires qui se déroulent devant le tribunal à Joliette. Quelle que soit la décision, nous la respecterons. Afin de nous permettre de nous consacrer à notre travail auprès des femmes, la Société Elizabeth Fry du Québec n’effectuera aucune déclaration à cet effet. »

« Enfin, il faut noter que Madame Homolka est représentée devant les tribunaux par une avocate en pratique privée. Ses services n’ont pas été retenus et ne seront pas défrayés par la Société Elizabeth Fry. »

Administrée par la Société Elizabeth Fry du Québec, la Maison Thérèse-Casgrain offre l’hébergement aux femmes criminalisées pour des séjours pouvant varier de quelques semaines à plusieurs années. Elle peut accueillir plus de 25 femmes à la fois et offre aussi un programme de cohabitation mère-enfant pour celles qui y sont admissibles. Les employés et les bénévoles de l’établissement offrent toute une série de mesures et de programmes visant à aider les femmes à effectuer leur réinsertion sociale, dont de l’aide en vue d’obtenir la formation professionnelle, pour trouver un emploi ou retourner aux études.

Source : Ruth Gagnon Société Elizabeth Fry du Québec (514) 489-2116

 

 
 
 
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modifié le 18 septembre 2007