Le 28 juin 2005 (Montréal)

Qu’est-ce que la Société Elizabeth Fry du Québec ?

Créée en 1977, la Société Elizabeth Fry du Québec vient en aide aux femmes qui, un jour, doivent faire face à la justice pénale et qui sont déterminées à s’en sortir. Son objectif est de favoriser la réinsertion sociale de ces femmes. La Société intervient à divers moments du processus judiciaire : en cour, en milieu carcéral ou en maison de transition, la Société offre à ces femmes de multiples services d’aide.
Organisme à but non lucratif, la Société est dirigée par un conseil d’administration composé de neuf membres bénévoles bénéficiant d’expériences professionnelles variées.

Quels sont ces services ?
La Société Elizabeth Fry du Québec administre une maison de transition pour femmes, la Maison Thérèse-Casgrain. Par ailleurs, elle a mis sur pied un programme de counselling pour les femmes aux prises avec des problèmes de vol à l’étalage, un service de conseils juridiques, des programmes en prison : préparation à la sortie, atelier de sensibilisation au problème de toxicomanie, gestion de la colère et temps d’arrêt ainsi que des programmes d’encadrement des bénévoles en prison et en communauté. Elle agit aussi comme agence de surveillance communautaire. De plus, elle publie deux fois l’an le bulletin Femmes et Justice.
La Société Elizabeth Fry du Québec et Karla Homolka
Tel qu’indiqué dans son communiqué diffusé le 2 juin 2005, la Société Elizabeth Fry du Québec a offert ses services sur une base volontaire à Madame Homolka. Vu la forte médiatisation de cette cause, elle ne peut lui offrir l’hébergement dans sa maison de transition, mais lui offrira des services autrement pour l’aider. Toutes les ex-détenues qui sont motivées à entreprendre une réinsertion sociale positive ont droit aux services de la Société, et ce, en toute confidentialité.
La Société Elizabeth Fry du Québec n’a pas commenté le recours du ministère public à la clause 810.2 du Code criminel et l’imposition de conditions en vue de sa libération et ne fera aucun commentaire à cet effet. La Société respecte le processus judiciaire.

Qu’est-ce que la Maison Thérèse-Casgrain ?
La Maison Thérèse-Casgrain, est une maison de transition pour femmes, qui fête cette année ses 25 ans d’existence. Installée dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, elle dessert la région montréalaise ainsi que l’ensemble du territoire sud-ouest de la province. Elle est financée en grande partie par le Service correctionnel du Canada et les Services correctionnels du Québec sur la base d’un « per diem » alloué pour les résidantes.
La Maison Thérèse-Casgrain peut accueillir jusqu’à 30 femmes pour des séjours d’une durée qui varie de quelques semaines à quelques années et offre un programme de cohabitation mère-enfant pour celles qui y sont admissibles.

Les résidantes sont référées par la Maison Tanguay, le pénitencier fédéral de Joliette et par les cours de justice. La majorité d’entre elles, soit 85 %, proviennent du milieu carcéral dans le cadre d’un programme d’absence temporaire ou de libération conditionnelle.

La Maison Thérèse-Casgrain a pour objectifs :
•    de favoriser la réinsertion sociale de la contrevenante;
•    de responsabiliser la contrevenante face à son comportement;
•    d’être une solution de rechange à l’incarcération;
•    de prévenir la récidive;
•    de favoriser chez la contrevenante des attitudes et des habiletés qui lui permettront de développer son potentiel.

Quels sont les services offerts ?

La Maison offre aux résidantes un encadrement continu grâce à une équipe de conseillères professionnelles présentes 24 heures par jour, sept jours par semaine.
Ces conseillères, des criminologues, des travailleuses sociales et des psychologues, offrent aux résidantes un suivi général de type psychosocial de même que des suivis individualisés qui tiennent compte des problèmes spécifiques de chacune : toxicomanie, violence conjugale ou familiale, relations interpersonnelles, santé, etc. Elles interviennent également sur le plan délictuel afin de prévenir la récidive et d’éviter un retour dans le système judiciaire.
À la Maison Thérèse-Casgrain, l’aide aux femmes s’étend à la recherche d’emploi, la formation professionnelle, le retour aux études et la recherche d’un logement.

Quelques chiffres :
•    depuis son ouverture, la Maison Thérèse-Casgrain a accueilli plus de 1 000 femmes;
•    60 % des résidantes proviennent de la Maison Tanguay; les autres proviennent du pénitencier de Joliette et des cours de justice;
•    près de 70 % des femmes finissent avec succès le programme;
•    75 % des femmes issues de ce groupe évitent la rechute une fois la libération conditionnelle obtenue;
•    40 % des échecs sont liés au problème de la toxicomanie.

Qui sont ces femmes ?
•    Elles sont pour la plupart issues de milieux défavorisés;
•    plus de la moitié d’entre elles ont des problèmes de polytoxicomanie;
•    près de 90 % des femmes ont déjà été victimes de violence sexuelle ou physique : viol, inceste, mauvais traitements dans l’enfance ou violence conjugale;
•    63 % des femmes ont moins de 30 ans; 55 % de ces femmes sont des mères; de ce groupe, 65 % sont des mères monoparentales;
•    sous-scolarisées, elles n’ont généralement pas terminé leur secondaire III et n’ont aucune formation professionnelle.

Le réseau des Sociétés Elizabeth Fry
Il y a 25 Sociétés Elizabeth Fry au Canada. La plus ancienne a été fondée à Vancouver il y a plus de 50 ans. Il n’y a qu’une seule Société Elizabeth Fry au Québec. On en retrouve par ailleurs 10 en Ontario, cinq dans les provinces Maritimes, quatre dans les provinces de l’Ouest et cinq en Colombie-Britannique.

Qui était Elizabeth Fry ?
Elizabeth Fry est née en Angleterre en 1780 dans une famille Quaker riche et influente. Fidèle à la tradition Quaker, elle consacrait beaucoup de son temps aux pauvres et aux malades. En 1813, lors d’une visite à la prison des femmes de Newgate, elle constate que ces femmes, très démunies, avaient un urgent besoin de conseils et de soutien. La jeune bénévole fonda alors une école à leur intention et leur offrit du travail afin qu’elles disposent d’un peu d’argent au moment de leur libération.

Source :

Ruth Gagnon, Directrice générale,

Société Elizabeth Fry du Québec (514) 489-2116

 

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