| Femmes en prison | Automne 1998 |
Le Service correctionnel du Canada analyse présentement un certain
nombre doptions de placement pour les femmes classées à sécurité maximum.
Actuellement, ces femmes sont incarcérées dans des unités isolées dans des prisons
pour hommes. Le SCC pourrait construire des unités maximum attachées aux prisons
régionales actuelles, ou ailleurs. Pour lACSEF, toutes les femmes doivent être placées dans les
nouvelles prisons régionales. On ne doit pas construire des unités spéciales maximum.
De plus, le nombre de femmes classées maximum est trop élevé. Les effets pervers du classement La recherche actuelle conclut que les femmes se retrouvent
sur-classées lorsquon leur applique des outils dévaluation conçus pour les
hommes. La loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition exige
que toutes les personnes purgeant une peine fédérale soient classées à un niveau de
sécurité minimum, médium ou maximum. Le système de classement utilisé actuellement
entraîne le sur-classement des femmes, enfreint les dispositions constitutionnelles sur
légalité et est discriminatoire envers les femmes ayant des problèmes de santé
mentale. Lexemple des femmes autochtones est particulièrement
révélateur. En effet, 41 % de ces femmes sont classées maximum alors quelles ne
représentent que 18,7 % de la population totale des femmes incarcérées au fédéral et
moins de 2 % de la population du Canada. La détermination du classement est basée sur lévaluation par
le SCC de la probabilité dévasion, du niveau de risque pour la sécurité du
public si la personne sévade et du degré de supervision requis. Ainsi, les
personnes représentant un plus grand danger seront soumises à des conditions
dincarcération plus restrictives. Il y a peu de recherches sur le risque dévasion des femmes,
parce que les évasions sont très rares. Le risque pour la sécurité du public est aussi
difficile à prédire car le taux de récidivisme est bas et un faible pourcentage des
crimes commis par les femmes sont de nature violente. De plus, une évaluation du risque non différencié pour ce qui est du
sexe occulte les circonstances de la participation des femmes à des délits violents.
Souvent, ces délits sont situationnels et réactionnels (réactifs). Lévaluation
du risque doit être mise en contexte et reliée à des difficultés de comportement ou à
de la violence en prison. Un autre problème dans le système dévaluation du risque est
lié à lhistoire sociale, qui est un facteur à considérer. On identifie les
besoins à partir des expériences antérieures et des «désavantages». Les besoins se
retrouvent convertis en facteurs de risque. Par exemple, si une femme a été victime dabus par son conjoint,
est sans emploi ou a des problèmes de santé mentale, on identifiera quelle a des
besoins à ces niveaux. Malheureusement, plus le nombre de besoins est élevé, plus
léchelle de classement sélève. De plus, il y a le danger que lévaluation des besoins en
critères de risque ne reflète que lexpression de préjugés face à des
comportements qui ne correspondent pas aux normes de la classe moyenne. Dévier de ces
normes devient un facteur désavantageux. Pensons à lethnicité, la religion, les
préférences sexuelles. Dans sa propre étude en 1997, le SCC comparait les détenus à
sécurité maximum en fonction du sexe. Létude démontrait que pour les deux sexes
le classement maximum révélait des désavantages similaires. Pourtant, les femmes
présentaient des besoins plus élevés que les hommes en ce qui concerne labus des
drogues, la violence conjugale, les expériences de victimisation. Est-ce à dire que les
femmes nécessiteraient un niveau sécuritaire supérieur à maximum? Ceci confirme que les critères dévaluation conçus pour les
hommes, lorsquils sont appliqués aux femmes, entraîne le sur-classement. Alors que la loi stipule que cest le risque dévasion, la
sécurité du public et le degré de supervision qui constituent le fondement de
lévaluation, lanalyse des besoins à lintérieur de cette évaluation
met les besoins sur le même pied que le risque sans que le lien entre les deux soit
démontré. En liant les critères de besoins à lévaluation du risque, les
femmes les plus désavantagées voient augmenter leur cote sécuritaire,
cest-à-dire leurs conditions demprisonnement. Leffet dun classement maximum entraîne des conditions
physiques plus restrictives, réduit les occasions de participer à des programmes, de
bénéficier de placements extérieurs pour travailler, dobtenir des permissions de
sortie. Toutes ces restrictions réduisent la probabilité dune considération
favorable par la commission des libérations conditionnelles. En appuyant
lévaluation du risque sur les besoins, on exacerbe les désavantages des femmes.
Pour elles, le recours à un régime dincarcération plus restrictif tel que le
maximum enfreint les dispositions sur légalité de la Charte des droits. Les femmes ayant des problèmes de santé mentale Plusieurs des femmes purgeant une peine fédérale qui sont
actuellement classées à sécurité maximum sont des femmes qui sont identifiées par le
SCC comme ayant des besoins en santé mentale. La réalité pratique est que les besoins
en santé mentale sont mis sur le même pied que le risque. Les handicaps physiques et
mentaux sont inclus dans la section 17 des règlements comme des facteurs qui doivent
être pris en considération pour déterminer le classement sécuritaire. Cependant, cela
ne signifie pas que la présence dun handicap doit résulter dans un classement
sécuritaire plus élevé. Les troubles de santé mentale qui handicapent créent sans aucun doute
de réels besoins pour les femmes purgeant une peine fédérale et, par conséquent, pour
le SCC. Mais mettre les troubles de santé mentale sur le même pied que les risques ne
sert quà perpétuer lidée que les personnes avec des troubles mentaux sont
dangereuses. Il sagit précisément du genre de stéréotype qui est prohibé par
les dispositions dégalité de la Charte. Plusieurs femmes avec des besoins en
santé mentale ne posent pas les risques qui sont prévus par la section 17 des
règlements. Il est clair que certaines femmes avec des besoins en santé mentale
ont besoin dun soutien additionnel pour fonctionner à un niveau de sécurité
minimum, en raison de leur handicap. La section 15 de la Charte a été interprétée par
les tribunaux, qui ont clarifié quun traitement égalitaire ne veut pas
nécessairement dire le même traitement. Les personnes handicapées, par exemple, peuvent
avoir besoin que des mesures spéciales soient implantées afin de leur fournir le même
niveau de service que pour la communauté non handicapée. De la même façon, si une
femme purgeant une peine fédérale avec un handicap mental a de la difficulté à se
débrouiller à un bas niveau de sécurité, la réponse nest pas délever son
niveau de sécurité mais plutôt de lui offrir le soutien additionnel dont elle a besoin
à cause de son handicap. Le rapport du SCC Stratégie en matière de santé mentale pour les
délinquantes plaide pour un environnement structuré et contrôlé afin doffrir
un traitement en santé mentale. Même sil est approprié pour certaines des femmes
actuellement classées sécurité maximum, ceci ne répond pas aux besoins de toutes. Dans un rapport de 1996 intitulé Donnez-nous une chance -
Lévaluation des besoins, les ressources en santé mentale pour les femmes sous
responsabilité fédérale dans les établissements régionaux, le docteur Margo
Rivera révise les besoins en santé mentale de 26 femmes. Le SCC lui demandait si les
prisons régionales avaient le niveau de service en santé mentale approprié pour
permettre aux femmes de se débrouiller face aux exigences de vivre dans un environnement
moins sécuritaire. Le docteur Rivera a identifié seulement huit femmes dans la population
totale des femmes purgeant une peine fédérale à travers le pays comme ayant des besoins
en santé mentale exigeant un environnement très structuré. De plus, elle a constaté
quaucune des nouvelles prisons, de la façon dont elles étaient gérées, avaient
la capacité doffrir un tel environnement. Lune des recommandations du docteur
Rivera était que dans chacune des prisons régionales, une maison soit dédiée et
possède les ressources nécessaires aux besoins des femmes qui ont besoin dun
programme intensif de guérison de longue durée. Elle a aussi suggéré, en attendant,
quun programme intensif soit développé et établi à lextérieur ou séparé
des prisons régionales. Le docteur Rivera a recommandé que cette maison de guérison
soit rapidement établie pour les huit femmes quelle avait évaluées comme ayant
besoin de plus de structure. Au lieu dimplanter cette recommandation, il semble que le SCC ait
choisi de placer ces femmes dans des unités maximum. Pendant la conférence du 15-16
octobre 1997 Mental Health Problems of Women Offenders : Second Annual Queens
Conference on Mental Health Issues in Correctional Services, le docteur Rivera a
clarifié que son rapport ne pouvait pas être interprété de façon à justifier
lemprisonnement des femmes avec des troubles de santé mentale dans des unités
séparées dans des prisons pour hommes. Elle a aussi indiqué que les résultats de son
étude ne concluaient pas que ces femmes devaient être exclues des prisons régionales. Utiliser le besoin dun traitement pour santé mentale comme une
raison pour classer les femmes au niveau maximum impose un traitement sévère sur ces
femmes. Et, parce que le classement est basé sur leur handicap, ceci est clairement
discriminatoire et contraire à la section 15(1) de la Charte. La proposition de lACSEF Si le classement sécuritaire des femmes purgeant une peine fédérale
était basé sur le comportement démontré et les réussites individuelles à
lintérieur des cadres institutionnels et non sur des critères qui nont pas
été démontrés comme ayant un lien sérieux avec le risque; si les femmes avec des
troubles de santé mentale avaient le soutien nécessaire pour les aider à se maintenir
à un bas niveau de sécurité, alors le nombre de femmes recevant un classement de
sécurité maximum serait peu élevé. LACSEF croit que toutes les femmes purgeant une peine fédérale
doivent être incarcérées dans les nouvelles prisons régionales et que toutes les
femmes autochtones qui choisissent de sengager dans un processus de guérison
doivent avoir accès à la loge de guérison Okimaw Ohci. Ceci était le plan qui avait
été adopté par le SCC suite au dépôt en 1990 du rapport du Groupe détude sur
les femmes purgeant une peine fédérale, Création de choix. La recherche
approfondie conduite par et pour le groupe de travail, et aussi une recherche ultérieure,
et la planification dactivités menée depuis par le programme des femmes purgeant
une peine fédérale, renforcent la validité de cette approche. Même si le rapport Création de choix a été caractérisé par
le SCC comme un énoncé philosophique et non un document opérationnel, la plupart du
matériel produit par le programme des femmes purgeant une peine fédérale est
spécifiquement orienté vers limplantation de lapproche philosophique
adoptée par le gouvernement en 1990. Il est aussi important de mettre laccent sur
le fait que les raisons avancées par le gouvernement pour abandonner le plan
demprisonner toutes les femmes dans les nouvelles prisons régionales
sappuyaient non seulement sur les conclusions du rapport du docteur Rivera mais
aussi sur les incidents qui se sont produits à lÉtablissement de détention
dEdmonton en 1994 (tel quargumenté dans une lettre de O. Ingstrup (SCC) à K.
Pate (ACSEF), en date du 19 août 1996. Le fait que le rapport du docteur Rivera ne soutient pas cette approche
a été expliqué ci-dessus. Les incidents dEdmonton ont été lobjet
dun Comité national denquête et les résultats de celui-ci ne suggère pas
que les femmes à sécurité maximum ne peuvent pas être emprisonnées dans les prisons
régionales mais plutôt quil y avait un nombre important de failles dans les
opérations de lÉtablissement de détention pour femmes dEdmonton (EDFE). Par
exemple, le rapport denquête indique que la prison a ouvert malgré le fait que la
construction des inatallations nétait pas complétée, que la formation du
personnel était insuffisante, quil y avait peu de programmes et peu ou pas du tout
de traitement psychologique ou thérapeutique. De plus, le docteur Rivera identifie dans son rapport le retrait
brusque de médication psychotrope pour un certain nombre de femmes comme ayant contribué
à linstabilité des femmes de la prison EDFE. LACSEF croit que le rapport du
Comité denquête naurait pas dû être utilisé pour justifier
lexclusion des femmes à sécurité maximum de toutes les prisons régionales et de
la loge de guérison Okimaw Ohci. Il est aussi extrêmement important de noter que
plusieurs femmes impliquées dans les événements de 1996 à Edmonton n étaient
pas classées à sécurité maximum et que dautres navaient pas ce classement
avant darriver à EDFE. Finalement nous devons signaler quavant même louverture
des prisons régionales, dans les régions de lOntario et des Prairies, le SCC
tentait déjà de développer des stratégies dhébergement alternatives pour les
femmes purgeant une peine fédérale. Ceci était nécessaire en raison de
laugmentation du nombre de femmes purgenat une peine fédérale dans ces régions
excédant la capacité des prisons régionales pour femmes. Afin daborder ces
problèmes dhébergement, le SCC considérait le même genre doptions
quil a par la suite choisi dutiliser pour faire suite aux incidents à EDFE,
notamment une nouvelle construction à lintérieur des prisons régionales pour
femmes ou le placement des femmes dans des unités de prisons pour hommes. Sécurité minimum Pour faire suite aux incidents survenus à EDFE au printemps 1996 et
avant la décision du SCC de changer la politique de façon à exclure les femmes
classées à sécurité maximum des nouvelles prisons régionales, le SCC avait décidé
daméliorer les mesures de sécurité statiques dans toutes les prisons régionales
et à la loge de guérison Okimaw Ohci. Pour y parvenir, des clôtures de sécurité ont
été érigées, des fils barbelés, de nouvelles caméras et autres appareils de
sécurité ont été installés. Le résultat est que les femmes classées à sécurité
minimum et médium sont maintenant soumises au même périmètre de sécurité. Selon lACSEF, cette situation crée une distinction importante
entre le traitement des femmes et des hommes classés à sécurité minimum. Les hommes à
sécurité minimum vivent dans des prisons sans clôture. La distinction représente plus
quune différence dans la structure physique et inclut la disponibilité des
placements à lextérieur pour fins de travail, des permissions de sortie, des
opportunités demploi et autres plans de mise en liberté ainsi que la probabilité
dune considération favorable de la CNLC. Initialement, le concept des nouvelles prisons régionales pour femmes
offrait une sécurité statique minimale parce que la recherche et lexpérience
internationales soutenaient lutilisation des approches de sécurité dynamique.
Puisque les prisonnières posent un risque minimal à la sécurité du public selon
linterprétation de la section 17 des règlements et que, par conséquent, elles ont
des besoins de sécurité moins élevés que les hommes, il devrait y avoir un plus grand
nombre dopportunités pour de lexpérimentation prograssive à légard
des modèles de sécurité dynamique à lintérieur des centres correctionnels pour
femmes. Malheureusement, le concept original a été rejeté. Il en résulte que le
sécurité statique a été augmentée pour toutes les femmes purgeant une peine
fédérale. On ne peut soutenir que les femmes à sécurité minimum ont des besoins de
sécurité plus élevés que les hommes à sécurité minimum. Lune des critiques historiques fréquentes de la prison pour
femmes de Kingston était que toutes les femmes étaient soumises aux mêmes mesures de
sécurités élevées, peu importe leur classement sécuritaire. Cette situation a
maintenant été reproduite dans les nouvelles prisons régionales. LACSEF maintient que les femmes purgeant une peine fédérale
classées à sécurité minimum doivent vivre dans des maisons situées à
lextérieur des clôtures des prisons régionales, comme cest le cas pour des
hommes à sécurité minimum. Il ny a aucune raison opérationnelle pour laquelle
cela ne peut être accompli dans les prisons régionales car la maison Isabel MacNeil
opère à lextérieur des murs de la prison pour femmes de Kingston. En effet, la population totale des femmes de la prison de létat
du Minnesota, de sécurité minimum à maximum, avec troubles de santé mentale et en
détention préventive, sont toutes logées dans le centre correctionnel sans clôture de
Minnesota Shakopee. Shakopee était une prison que le Groupe détude sur les
femmes purgeant une peine fédérale et léquipe du programme fédéral pour les
femmes ont utilisé comme modèle pour les nouvelles prisons pour femmes. Femmes avec des besoins en santé mentale Les femmes ne devraient pas se faire attribuer des classements
sécuritaires liés à leurs besoins en santé mentale. La sécurité devrait être
évaluée dans le contexte de lenvironnement global de la prison. De plus, le
comportement démontré par chaque femme ne devrait pas être évalué en labsence
du soutien thérapeutique dont elle a peut-être besoin. Il est fondamentalement
inapproprié et injuste dévaluer que des femmes ont besoin de sécurité élevée
pour des raisons de santé mentale alors que les services thérapeutiques nécessaires ne
sont pas disponibles. Avec lajout de soutien, de supervision et de structure, plusieurs
femmes pourraient être intégrées dans des maisons à lintérieur des prisons
régionales. Lemprisonnement des femmes identifiées avec des besoins en
santé mentale dans les prisons régionales, plutôt que dans des établissements
séparés et/ou isolés, rendrait sûrement plus probable léventualité
quelles soient réintégrées dans la population générale de la prison. De plus,
cela augmente la probabilité quelle vivront une transition beaucoup plus facile et
moins stressante que si elles continuent dêtre obligées de transférer dun
établissement à un autre. Toute approche qui facilite les phases de transition est une
considération extrêmement importante pour les femmes qui sont vues comme ayant des
besoins significatifs en santé mentale. Détenues classées sécurité maximum LACSEF reconnaît que certaines femmes ont un comportement qui
rend difficile pour elles lintégration dans la population générale de la prison
dune manière sécuritaire pour elles-mêmes et pour les autres. Ce très petit
nombre de femmes qui seront évaluées comme détenues nécessitant une sécurité maximum
si des critères non pertinents sont exclus du processus de classification, devraient
être logées dans les prisons régionales. Afin déviter lapplication
dune sécurité excessive aux autres femmes à lintérieur du cadre
institutionnel, le point de vue de lACSEF est quil serait approprié de loger
les femmes ensemble dans leur propre maison à lintérieur de chaque prison
régionale. Le besoin de restrictions supplémentaires, de règlements différents
et de structure recevra une meilleure réponse en augmentant les mesures de sécurité
dynamiques tel quune interaction accrue et substantielle avec du personnel ayant
reçu une formation adéquate. LACSEF croit que la séparation rigide entre la
population en sécurité maximum et celle en sécurité moindre qui existe actuellement et
que le SCC prévoit continuer, interfère avec lénoncé de mision, les valeurs
fondamentales et les principales stratégies du SCC. Certes, les expériences à ce jour
dans les unités séparées de sécurité maximum confirment que les femmes placées dans
de telles unités, vivent dimportantes difficultés à accéder aux services et aux
programmes nécessaires pour leur permettre de résoudre les problèmes identifiés comme
des facteurs criminogènes. Par conséquent, les femmes ne sont pas capables de compléter
leurs plans correctionnels, elles évoluent beaucoup moins vers les prisons régionales et
en fin de compte profitent moins dune intégration communautaire réussie. Étant donné que nous commençons à voir des femmes remises en
liberté directement des unités de sécurité maximum, nos inquiétudes augmentent. Il
est maintenant très clair que les unités séparées de sécurité maximum rendent
lintégration éventuelle des femmes dans la communauté plus difficile. De plus, il
existe de fortes tensions dans les unités isolées de sécurité maximum,
lenvironnement institutionnel engendrant des conflits. Le docteur Rivera note dans son rapport que les femmes en sécurité
maximum qui avaient été placées dans lunité améliorée à lÉtablissement
correctionnel dEdmonton ont ressenti une baisse de leur statut et du respect de soi
en comparaison avec les autres femmes vivant dans les maisons. La création de telles
unités séparées de sécurité maximum dans les prisons peut amener certaines femmes à
vouloir sélever à la hauteur de létiquette de prisonnières à sécurité
maximum en croyant quelles doivent vivre en accord avec cette image. De plus un tel
isolement va invariablement aggraver la probabilité que le reste de la population des
femmes purgeant une peine fédérale soit craintive des femmes en sécurité maximum. Si la séparation était maintenue par des mesures de sécurité
dynamiques plutôt que statiques, la sécurité institutionnelle pourrait être atteinte
de façons à avoir un impact minimum sur la liberté de mouvement des femmes classées à
sécurité médium ou minimum. Sinon ces dernières pourraient voir leurs mouvements
restreints afin daccommoder les mouvements de la population en sécurité maximum à
lintérieur de linstitution. De plus, la sécurité accrue et les unités
isolées seraient disponibles pour utilisation en période de crise ou encore pour
faciliter le processus de transition pour les femmes qui ont été gardées dans un
environnement de haute sécurité statique. Afin de maintenir un environnement plus structuré pour les femmes à
sécurité maximum, lACSEF croit quil faut améliorer la disponibilité du
personnel dans les maisons de sécurité maximum. De plus, les femmes à sécurité
maximum seraient accompagnées par du personnel lorsquelles se déplacent en groupe
ou individuellement dans la prison pour des visites médicales ou autres rendez-vous, et
des programmes avec dautres femmes à des niveaux de classement sécuritaire moins
élevés. Le SCC était tout à fait prêt à consacrer du personnel afin de
garder les femmes purgeant une peine fédérale séparées de la population masculine au
CRT du pénitencier de Kingston. Il planifiait de telles ressources spéciales pour
escorter et déplacer par autobus les femmes de laile à la cour, pour des visites
régulières et des visites familiales privées (VFP) dans des roulottes sur place, des
activités médicales et de programmes. En résumé, le personnel allait escorter les
femmes à tous les secteurs dactivités et demeurer avec elles en tout temps. De
plus, on allait exiger du reste du personnel de la prison de garder tous les hommes loin
des femmes, incluant loin des fenêtres afin que les femmes ne soient pas vues
lorsquelles sont dans la cour dexercice de la prison. Le même niveau de
séparation ne serait pas, bien entendu, requis dans les prisons régionales, mais un
niveau approprié dattention par le personnel pourrait pemettre que les femmes à
sécurité maximum puissent interagir en toute sécurité à lintérieur des
prisons. En conclusion, comme les responsables des services correctionnels pour
les femmes dans dautres juridictions internationales lont réaffirmé, une
partie intégrante de tout plan de gestion de femmes purgeant une peine fédérale,
particulièrement celles en sécurité maximum, doit prévoir lopportunité pour
elles de participer à une programmation significative. Des opportunités valables
demploi et déducation, spécialement de la formation professionnelle, sont
quelques-unes des composantes requises dune programmation susceptible
daméliorer la probabilité de lintégration réussie des femmes purgeant une
peine fédérale dans la communauté. Et comme le démontrent les expériences dans les
prisons pour hommes à sécurité minimum, lÉtablissement Shakopee du Minnesota et
lÉtablissement correctionnel des Plaines Emu dAustralie, la possibilité
dacquérir de nouvelles habiletés et des options de mise en liberté pour fins de
travail motivent les détenu-e-s de réduire leur niveau de sécurité.